Publié par : laurink | septembre 1, 2009

Recette de soin cheveux au ghassoul

Fraîchement débarquée de Marrakech, je me devais de vous fournir la recette du soin pour cheveux rebelles au rassoul (plus souvent écrit “ghassoul” ou “rhassoul”. Mais, au final, le “r” se prononce comme le “r” français). Le ghassoul est produit dans l’Atlas, la région montagneuse au sud de Marrakech. C’est une sorte d’argile, dont les usages sont multiples, mais principalement cosmétiques. Riche en minéraux, il est bon pour la peau… et pour les cheveux.

J’ai donc recueilli lors de mon petit trip dans la Ville Rouge la recette pour de jolis cheveux bouclés et souples. Ayant les cheveux typés Shakira, je ne peux pas vous dire si l’effet de ce masque est aussi réussi sur le cheveu européen classique, raide et fin. A tenter… De toute façon, c’est du 100% naturel. Pas de risques, donc. En tout cas, sur ma tignasse, le rendu a dépassé mes espérances.

Masque au ghassoul et huile d’argan

Ingrédients:
_ Une poignée de ghassoul pur en poudre ou en copeaux grossiers. Personnellement, j’utilise ceux en plaquettes vendus dans des boîtes. Dosez la quantité de ghassoul en fonction du volume de vos cheveux.

Ghassoul Safrissoul_ De l’eau tiède
_ Quelques gouttes d’huile d’argan cosmétique pure. (en France, l’huile d’argan coûte assez cher mais vous êtes quasiment sûr d’acheter de la vraie, souvent garantie par un label type Ecocert. Au Maghreb, on essaye de vous vendre à moindre prix de l’huile d’argan coupée avec d’autres huiles végétales. Pour ne pas vous faire avoir, secouez la bouteille énergiquement: si vous voyez une ou plusieurs couches ou composants qui se séparent comme l’huile et le vinaigre, c’est que l’huile d’argan n’est pas pure.) Si vous n’avez pas d’huile d’argan, vous pouvez la remplacer par de l’huile nourrissante type monoï. L’huile d’olive fonctionne, mais sent assez fort… Dans ce cas, ajoutez des huiles essentielles de fleurs pour cacher l’odeur.

Recette:
_ Dans un récipient, humidifiez le ghassoul avec l’huile d’argan. Mélangez un peu. Si vous utilisez du ghassoul en plaquettes ou copeaux, je vous conseille de le réduire en poudre au mortier avant. Personnellement, j’ai toujours trouvé que le ghassoul se dilue mal s’il est en morceaux…
_ Ajoutez progressivement de l’eau tiède et mélangeant, jusqu’à ce que le tout prenne la consistance d’une pâte.
_ Humidifiez vos cheveux.
_ Appliquez le masque sur l’ensemble de la chevelure, des racines aux pointes. Relevez le tout en chignon pour plus de confort, et laissez agir 15 minutes.
Note: Si vous avez des difficultés à appliquez la pâte uniformément comme un masque, il vous suffit de prendre le pain de pâte, de l’humidifier sous un trait d’eau, et de le frotter délicatement sur les cheveux.
_ Rincez abondamment sous l’eau tiède.
_ Démêlez avec une brosse adéquate.
_ Séchez légèrement en tamponnant avec une serviette (les cheveux doivent rester mouillés)
_ Laissez sécher complètement à l’air libre.

Voilà! J’espère que le résultat vous satisfera autant qu’il m’a satisfaite. Si vous préférez des boucles très sculptées, vous pouvez appliquer un peu de crème de soin nourrissante DOP au karité sur les longueurs, juste après avoir légèrement séché la chevelure. Evitez cependant les racines, car la crème peut les rendre un peu grasses.

Crème de soin DOP au karité

Notre petit Ben va sortir un disque. Oui, si je vous le dis!

Le CD  s’intitulera “Alma Mater”. Bon, il ne fallait pas s’attendre à une reprise de “Yakalelo” ou “Eiffel 65″. Le Pape récite des psaumes et des prières en cinq langues. Mine de rien, je m’attendais quand même à mieux. Un nouveau tube à la “Jésus Revient”, par exemple. Là, avec plusieurs minutes de longues litanies, son disque risque de finir au rayon “Relaxation” de Truffaut, à côté des mini fontaines en bambou et des bacs à sable miniatures pour névrosés.

Notons qu’ “une partie des recettes devrait financer l’éducation musicale des enfants pauvres dans le monde”. C’est flou, très flou cette histoire. Déjà, pourquoi “une partie”? Il ne pouvait pas, Benoît, tout donner aux enfants pauvres, voire 90%, histoire de payer la fabrication avec les 10% qui restent?
Encore un qui nous fait le coup des Sacs à Sapin: tu payes le sac poubelle de luxe doré à 5 euros, et seulement 1,30 euro part dans les poches des actions humanitaires. Honteux? Juste un peu. C’est pas comme si ce genre de sac était très onéreux à fabriquer…

Le CD sortira le 30 novembre, et sera le deuxième Noël de l’année 2009 pour les Polonais. En 1999, Jean-Paul II avait déjà sorti un disque, “Abba Pater” (notez que Benoît ne s’est pas foulé du tout pour trouver son titre. On change quelques lettres et c’est torché). Il s’est vendu à 239 000 exemplaires en Pologne, devenant numéro un des ventes d’albums étrangers.

Le disque de Benoît XVI est produit par le label Geffen, qui gère notamment les oeuvres de Snoop Dogg et de Rob Zombie. J’attends des featurings.

Le pape Benoît XVI se coiffe d'une casquette de la police australienne au cours de sa visite à Sidney le 16 juin 2008

Le pape Benoît XVI se coiffe d'une casquette de la police australienne au cours de sa visite à Sidney le 16 juin 2008


Publié par : laurink | juillet 30, 2009

Need un mariage boogie comme ça!

Je VEUX un mariage comme ça.
(l’embed a été supprimé… gniarf)

http://www.youtube.com/watch?v=4-94JhLEiN0

Dominatrice

Publié par : laurink | juillet 30, 2009

Bill Gates a la cote

En voilà un qui pourrait choper à l’oeil, malgré sa tête de Harry Potter transgénique.

Bill Gates a arrêté d’utiliser Facebook. OOooh mais pourquoi, pourquoi?

Parce que Monsieur Microsoft croulait sous les demandes d’amis. Plus de 10 000, selon le principal intéressé: “C’était juste trop compliqué. J’ai préféré arrêter”, a-t-il dit lors d’une conférence.

Si gérer Facebook est compliqué pour Bill Gates, alors c’est sûr, Kim Kardashian est très, très intelligente.

Pourquoi les gens veulent-ils ajouter Bill Gates?
1) Pour tenter de lui grapiller quelques sous (100 000 dollars ou 200 000. Un petit truc, quoi.)
2) Pour le draguer, le faire divorcer, se marier avec, le tuer avec du Propofol et faire croire à une mort accidentelle, causée par un “surplus de geekattitude”

J’aime bien la deuxième. D’autres suggestions?

Je crois que le nuage de Tchernobyl est allé jusqu'aux States.

Je crois que le nuage de Tchernobyl est allé jusqu'aux States.

Publié par : laurink | juillet 29, 2009

Burqator

Avec les broderies, on a même l'impression de parler au napperon de Mémé tiens...

Avec les broderies, on a même l'impression de parler au napperon de Mémé tiens...

Ca y est, le légendaire comptage de burqas est tombé.

Les Belphégors salafistes, tout de noir voilés, ne seraient que… 367 dans tout l’Hexagone, ce qui en ferait un “phénomène marginal”.

Alors moi aussi, j’ai envie de prendre la parole, puisqu’apparemment, au gouvernement, on peut dire des bêtises monumentales sous le coup de la précipitation.

1) Une question que titille la matière grise: comment ces chers messieurs de la sous-direction de l’information générale (SDIG) ont-ils fait pour compter les demoiselles (ou damoiseaux. Après tout, qui sait?) ? Personnellement, j’avance la thèse du satellite. Je suis persuadée qu’on peut les voir depuis l’espace, un peu comme les fantômes sur un circuit Pacman, qui circuleraient point par point du mont Ventoux à la Seine-Saint-Denis, en passant par le Gers.

2) Les 367, elles doivent toutes être concentrées dans le 93. Ce soir encore, j’en ai vu passer cinq. L’une d’entre elle avait encore un semblant de féminité: en plus de l’abaya (pour les non initiés, c’est l’habit noir qui recouvre la tête et le corps, visage apparent, comme ça . Désolée, celle-ci ressemble un peu à une Vierge Marie en deuil, mais au moins on la voit bien) elle s’était couvert le visage avec un foulard de luxe, qu’elle avait attaché à l’aide d’une épingle derrière la tête. On ne parle même plus à un grillage, mais à un carré Hermès. Une sorte de burqa custom, en quelque sorte. Je doute qu’Allah trouverait ça très fun.

3) Je suis affligée par les déclarations du ministère de l’Intérieur, après que la SDIG ait balancé le rapport comme un pavé dans une vitrine (désolée, dans le 93 y’a pas de mare. Juste des vitrines): “Malgré la précision du chiffre, il s’agit d’une «première approche rapide qui sera suivie d’une étude plus approfondie», précise-t-on au ministère de l’Intérieur”.
Traduction: “On vous balance un chiffre bateau récolté par 30 stagiaires à la SDIG qui ont compté les femmes emmitouflées pendant trois semaines, assis sur un banc à Gare du Nord. Mais vu qu’on n’est pas sûr, on dit que le chiffre est à prendre avec des pincettes.”

4) Petite précision, encore pour les non-initiés. Le niqab, c’est pas la même chose que la burqa. Le niqab laisse les yeux apparents, comme ça. La burqa, rien n’est visible, comme ça. C’est pas vital, mais ça évite de se faire passer pour un con lors d’un débat avec mémé et oncle Germain, qui “n’aiment pas les arabes, sauf leur postier. Lui, il est si gentil…”

Bref, encore un rapport aussi stupide et affligeant que les personnes dont il parle.

P.S: Oups, je viens de réaliser. Avec mes mots clés “Ministère de l’Intérieur”, “niqab”, “abaya”, “Vierge Marie” etc  etc… j’aurai peut-être une chance que Ben Laden tombe sur mon blog? Ou bien une floppée de lobotomisés extrémistes. A voir.

BD Niqab

Publié par : laurink | juillet 29, 2009

Un bébé Chuck Norris?

Ils sont forts, ces Américains…
La banque de sperme californienne California Cryobank a mis en ligne sur son site un moteur de recherche révolutionnaire pour les parents en manque de marmots.

Ils peuvent désormais choisir leur donneur en fonction de leur ressemblance avec une célébrité (oui oui, si j’vous le dis!).

Le choix est multiple:
- envie d’un gamin bipolaire: Christian Bale
- envie d’un gamin qui ressemble à un troll passé par la case Tchernobyl: Dominic Monaghan
- envie d’un gamin branché par les mots en “ine” (cocaïne, héroïne, methedrine,…): Heath Ledger
- envie d’un gamin moche mais qui rapporte: M. Night Shyamalan
- envie d’un gamin qui ne pourra certainement pas faire tatoueur: Michael J. Fox

Et, le MUST, le site propose même des donneurs ressemblant à CHUCK NORRIS!

Un bébé Chuck, owi owi

Un bébé Chuck, owi owi

Publié par : laurink | juillet 28, 2009

Le trou du cul du web

Pour ceux qui n’ont pas encore été frappés par le buzz, tapez “trou du cul du web” sur la barre de recherche Google.
Le premier résultat va vous étonner.

Mais c'est qui donc ce monsieur?

Mais c'est qui donc ce monsieur?

Publié par : laurink | juillet 21, 2009

Battle for Haditha, de Nick Broomfield

Dans le paysage poussiéreux d’Haditha en Irak, quelques Marines reviennent d’un camp de ravitaillement de nourriture et sont arrêtés par l’explosion d’une bombe cachée sous terre au bord de la route par des insurgés. Un mort. Deux blessés graves. Une colère incontrôlable saisit la patrouille, qui tue 24 civils dans les minutes qui suivent l’accident. Le film de Nick Broomfield retrace cette journée du 19 novembre 2005, quand la folie a embrasé Haditha.

Battle for Haditha prend aux tripes. Bien plus qu’un simple film sur les horreurs de la guerre, il ne dénonce ni coupables ni victimes. Comme un spectateur omniscient, la caméra du réalisateur Nick Broomfield suit les trois camps, terroristes, soldats et civils, tous trois manipulés, ignorés, instrumentalisés. Au milieu des maisons couleur de craie et des vêtements kaki, l’on observe un monde à part où des pères de famille deviennent poseurs de bombes et des hommes à peine sortis de l’adolescence doivent devenir des robots programmés pour abattre.”Vous êtes des machines”, répète le général à la patrouille de Marines ; “Tu poses cette bombe pour l’Irak. Les civils que les Américains tuent sont des martyrs”, explique le Cheik au terroriste bouleversé : Battle for Haditha ne divise pas civils, insurgés, soldats. Il les rassemble autour des mêmes sentiments humains que sont la peur, la vengeance, la vulnérabilité et la colère. Tous sont embarqués dans une logique de destruction atroce à laquelle personne ne peut échapper. D’une atmosphère bon enfant qui règne dans la caserne, le spectateur croule sous le poids de la panique dans cette rue d’Haditha où tout à dérapé. La caméra s’affole, les balles fusent. L’on retiendra ce plan des chaussures des Marines qui s’agitent sur le sol d’une maison tout juste forcée : cachée sous un lit tel un enfant apeuré, la caméra capture les éclats de grenade qui colorent les semelles des Rangers et les cliquetis des cartouches vides qui tombent sur le sol souillé.

La bande-originale n’est pas très fournie, et c’est tant mieux. Le rock lourd de Ministry ouvre le bal. Le morceau anti Georges Bush “LiesLiesLies” illustre le désert étouffant irakien, où la patrouille de Marines roule pédale au sol. Des soldats fraîchement engagés, insouciants, qui voient en l’armée un moyen de fuir leur vie, sans pour autant savoir dans quelle aventure ils s’embarquent. Ce sont ces mêmes Marines qui tueront 24 civils quelques jours plus tard, après la mort d’un d’entre eux, découpé en deux sous leurs yeux par une bombe déclenchée à distance. Les terroristes ? Un père de famille dévoué et un jeune garçon, payés 1000 dollars pour cacher et faire exploser la bombe près d’un véhicule américain. Les civils ? Une famille de douze personnes et quelques passants qui ont eu la malchance d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Tous réunis dans le même enfer du 19 novembre 2005.

Nick Broomfield réalise un chef d’œuvre. En choisissant le format documentaire-fiction, il fuit les mélo qui rongent si souvent les films de guerre, mais broie les cœurs de tristesse par l’authenticité des acteurs et du scénario. Le fait d’avoir engagé d’anciens Marines et des exilés irakiens pour jouer leur propre rôle souligne le souci de “crédibilité” du réalisateur, originellement documentariste.
L’aspect médiatique n’est pas non plus négligé : entre les insurgés qui filment l’explosion de la bombe et les massacres qui s’en suivent afin d’encarter de nouveaux membres anti-américains et les autorités militaires sur place qui tentent d’étouffer l’affaire par de faux communiqués de presse, le spectateur finit par ne jeter la pierre à personne. Ni à des terroristes à la détresse humaine manipulée, ni à des soldats réduits au rang de pions humains.

  • Réalisateurs : Nick Broomfield
  • Langue : Anglais (VO)
  • Région : Région 2
  • Nombre de disques : 2
  • Studio : E1 Entertainment
  • Date de sortie du DVD : 17 mars 2008
  • Durée : 91 minutesBattle for Haditha DVD
Publié par : laurink | juillet 21, 2009

Slurls. Ah ah ah

Slurls

J’ai découvert le site Slurls, qui regroupe l’ensemble des adresses URL dont les noms portent sérieusement à confusion. Par exemple, pour les amateurs de parcs d’attraction, le site de la Mer de Sable http://www.merdesable.com, entre autres…
Bon, sur Slurls, c’est du 100% roastbeef. Donc pour les non anglophones, c’est un peu plus compliqué de comprendre.

Bonne lecture…

http://www.slurls.com/forum/100-website-naming-disasters-t176.html

Publié par : laurink | juillet 20, 2009

Mascarades, de Lyes Salem

Tendresse, moquerie affectueuse et légèreté imprègnent Mascarades de Lyes Salem. Le réalisateur dépeint une Algérie rurale tiraillée entre modernité et tradition, le tout survolé de jolis nuages d’humour. Un régal pour les yeux et le cœur, en DVD MK2.

L’histoire…
Rym est belle, sauvage, rebelle. Tout pour attirer les regards des hommes. Mais Rym est narcoleptique. Sans prévenir, elle s’écroule et glisse dans un sommeil profond, si bien que son village entier colle à sa famille l’étiquette de moins-que-rien qui traîne une jeune femme handicapée comme un boulet. Déjà, Rym est promise au destin de vieille fille. Car qui voudrait d’une femme qui vit constamment dans ses rêves ? Cet homme existe pourtant, en la personne de Khliffa, le meilleur ami de Mounir, le frère de Rym. Mais Khliffa tarde à demander la main de sa bien-aimée, si bien que lorsque Mounir, complètement soûl, annonce au village le mariage de sa soeur avec un riche Européen prénommé Vancooten, la jeune femme choisit de perpétuer le mensonge pour pousser Khliffa à agir. Une mystification qui va changer définitivement la place de la famille dans le village.

Ce que j’en pense…
Mascarades
est un portrait léger et tendre de la société algérienne. Mounir, transporté par les honneurs que lui font ses camarades après ses affabulations sur le mariage somptueux de sa soeur avec Vancooten, préfère s’enliser dans son mensonge plutôt que d’y mettre fin. Lyes Salem illustre ainsi l’importance du regard des autres, du statut social au sein d’une communauté hypocrite qui élève ou piétine un homme et sa famille en fonction des intérêts qu’ils peuvent lui apporter. Ainsi, un commerçant du village traite Mounir d’illettré, mais l’embrasse et le suit comme son ombre après l’annonce du mariage. Un micro-ondes tout neuf tombe du ciel le même jour et l’homme le plus riche du village prend Mounir en amitié en lui proposant des astuces pour gagner de l’argent. Tout ça dans l’espoir de récupérer quelque avantage du prétendu mariage de la jolie Rym…

Le film démystifie la place des femmes dans la société algérienne. Dominatrices, elles gèrent la famille et le village d’une main de fer, sous la coupe de maris plus ou moins soumis qui ont, parfois, leur quart d’heure d’autorité. Un statut féminin incarné à merveille par Rym Takoucht, qui joue le rôle d’Habiba, épouse de Mounir. Elégante mais discrète, aimante mais ferme, elle autorise à son mari les accès machistes dont il a besoin pour conserver son statut de chef de famille, mais n’hésite pas à le remettre à sa place lorsqu’il le mérite. Nul doute qu’un mari si complaisant est rare, mais Lyes Salem montre ainsi un progrès certain dans la vie des femmes, qui prennent part aux décisions quotidiennes importantes du couple et qui peuvent, pour certaines, désormais épouser qui elles veulent : “J’aurais tué quiconque se serait mis entre toi et moi”, lance ainsi Habiba à son époux dans le lit conjugal, tout en lui piquant brusquement toute la couette.

Mascarades est un appel au rire simple. Les zygomatiques se réveillent face au comique de situation qui donne un charme unique au film : après avoir demandé la main de Rym à Mounir, Khliffa, habitué à escalader le mur de la maison de Rym pour lui parler par la fenêtre, est accueilli par les fils barbelés. Le fou rire est au rendez-vous dès la première scène, pendant laquelle un convoi de mariage recouvre les vieux du village de poussière. Les personnages principaux touchent par leur authenticité. Comment ne pas s’attacher à Rym, spectatrice malgré elle d’un monde qu’elle ne voit que par bribes et qui n’accorde de l’importance qu’à ses rêves de voyage avec son amoureux ? Ou à Mounir, fondamentalement gentil, qui confond son rôle de frère avec celui de père tyrannique dans sa course à la reconnaissance ? Impossible, surtout du fait qu’au milieu des maisons couleur de craie et des hommes attablés pour le café et le rami, on devient un villageois à part entière, spectateur happé par cette famille atypique grâce à laquelle Mascarades devient un bijou de bonheur et de fraîcheur.

  • Acteurs : Lyes Salem, Sara Reguigue, Mohamed Bouchaïb,…
  • Réalisateurs : Lyes Salem
  • Langue : Arabe sous titré Français
  • Région : Région 2 
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Tf1 Video
  • Date de sortie du DVD : 11 juin 2009

    Mascarades de Lyes Salem

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